Archive pour septembre, 2006

La légende de Gros Gris - chapitre II

Publié dans Nouvelles le 25, septembre, 2006 par figaro

Chapitre II – L’intrus

Au cours des années 50, un immigrant Suisse y avait bâtit une petite maison de bois. Rustique et dépourvue de commodités elle resta à l’abandon durant nombreuses années. Elle devint le domicile de plusieurs petits rongeurs tel une épave envahie par les créatures marines. Plusieurs années s’écoulèrent avant qu’elle ne repris vie. Au cours des années 90, Vincent un étudiant désabusé, petit neveu par alliance de l’immigrant vint s’y établir pour fuir le rythme effréné de la grande ville. Petit paradis en soi, elle offrait la possibilité d’y vivre en ermite tout en offrant les commodités du village à quelques minutes de marche. Quelques clous et un peu de peinture suffirent pour lui redonner vie.

Le plus ardu fut du chasser les locataires à quatre pattes. La résistance fut assez forte en général. Les chauves-souris quittèrent à son arrivée. Les mulots refusèrent d’abandonner le confort du petit chalet et la cohabitation fut possible après quelques mois. Les insectes eux ne se soucièrent pas trop du nouveau venu sauf les moustiques qui sabrèrent le champagne pour l’occasion. Enfin un épiderme accueillant se dirent-il.

La situation se corsa lorsqu’il vint le temps de se débarrasser des écureuils qui avaient élu domicile dans l’entre toit. Il utilisa d’abord le balai, frappant le plafond afin de leur faire peur, ce qui ne donna aucun résultat apparent. On les entendait toujours gratter ou se battre entre eux pour les provisions. Chaque nuit le bal recommençait. Vincent essaya de les chasser employant la méthode utilisée à Montréal pour nettoyer les stations de métro des ‘’squeegees’’ ; en laissant jouer du Puccini à tue-tête pendant des heures sur sa vieille radiocassette pourrie. L’effet produit n’étant pas celui escompté il essaya Claude François mais sans succès apparent. Il attira plutôt quelques grand-mères autour du chalet et dû y remédier en jouant l’album Mob Rules de Black Sabbath… Le vide se fit rapidement dans la forêt à grande satisfaction. Les écureuils par contre n’avaient pas bronché.

Il eut l’idée d’enfumer les récalcitrants. À l’aide de branches de pin fraîchement coupées et d’écorce de bouleau il alluma un grand feu à proximité du chalet en tenant compte de la direction du vent. Le chalet fut rapidement envahi par une épaisse fumée blanche. Il vit quelques rongeurs quitter en hâte. D’autres sortaient le museau pour prendre connaissance de la situation, ne semblant pas trop affecté par l’épais nuage odorant. Cette nuit là il dormi tranquillement, bercé par les seuls bruits de la rivière et du vent dans la cime des arbres…

À suivre…

La légende de Gros Gris

Publié dans Nouvelles le 23, septembre, 2006 par figaro

Chapitre I – La légende

Dans la magnifique région de Charlevoix sur le bord d’une rivière sinueuse florissait une petite forêt. Composée essentiellement de peupliers et de différents types de conifères typiques du nord du Québec, elle évoluait au fil des ans, devenant de plus en plus dense et obscure. La diversité végétale était surprenante. Prèles, fougères, myosotis en mai, bref on y trouvait de tout. C’était le théâtre parfait d’une pièce où de petits animaux tenaient les rôles principaux. La proximité d’un village et la façon dont la rivière serpentait à cet endroit limitait la quantité d’ours ou de chevreuil dans les environs. La faune se limitait alors à quelques petits mammifères et plusieurs espèces d’oiseaux.

Les différentes familles de belettes, souris, taupes et écureuils coexistaient en parfaite harmonie, se partageant les ressources de la forêt. Quelques oiseaux de proie, tel la buse à queue rousse ou l’épervier de Cooper se partageait eux les petits mammifères assurant ainsi la sélection naturelle. Il n’était pas étrange de voir plusieurs de ces magnifiques volatiles planer au dessus de la forêt en fin d’après midi. Les rongeurs en profitaient alors pour faire la sieste lorsqu’ils pouvaient. Car souvent la quiétude se trouvait perturbée par les cris stridents et répétitifs d’un de ses habitants.

Les villageois s’aventuraient rarement dans la forêt. Croyant avoir affaire à un carcajou, bête sauvage légendaire d’Amérique du Nord, ils optaient plutôt pour les sous-bois de l’autre rive pour la cueillette des champignons. Seul le curé allait parfois terminer une bouteille de vin de messe laissée ouverte après l’homélie. Un soir d’automne il était revenu chancelant et pâle disant avoir rencontré le diable en chair et en os. Madame Simard qui l’accompagnait souvent dans ses errances confirma ses dires mais son alcoolisme lui enlevait toute crédibilité. ‘’…Un monstre effrayant, une bête lubrique, une calamité!..’’ disait-elle en parlant de l’animal qu’ils croisèrent ce jour là.

C’est ainsi que pris naissance la légende de Gros Gris, un écureuil un peu obèse et ébouriffé aux allures patibulaires. Gros Gris n’avait qu’un oeil. Sans doute avait t’il provoqué un raton et s’en était sorti de justesse. Il semait le chaos partout où il posait les pattes. Il était chapardeur, teigneux, manipulateur et indécent. En effet, il lui arrivait parfois de s’en prendre aux mâles plus faibles afin d’assouvir ses pulsions naturelles lorsque les femelles arrivaient à le fuir. Ses mœurs douteuses lui valurent d’être craint de la plupart des animaux. Gros Gris l’écureuil sodomite régnait en maître sur le paisible petit bois…À suivre…

Mon frère, ce normand…

Publié dans Uncategorized le 22, septembre, 2006 par figaro

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