Archive pour octobre, 2006

La lecture peut être nocive…

Publié dans Uncategorized le 29, octobre, 2006 par figaro

Les Éboulements

Publié dans Uncategorized le 26, octobre, 2006 par figaro

Une petite photo prise dans le petit village des Éboulements, charmante petite municipalité de Charlevoix…

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La légende de Gros Gris - chapitre V et fin

Publié dans Nouvelles le 21, octobre, 2006 par figaro

Chapitre V – la lessive

Vincent adorait se promener sur la rue St-Jean-Baptiste, artère principale de ce petit coin de paradis. Ses ballades le portait souvent jusqu’au quai, ou les habitants se regroupaient souvent pour se mettre à jour sur les potins et ragots.

- Alors, l’hostie d’écureuil, t’as-tu réussi à t’en débarrasser - Parle moi z’en pas. Ch’uis à veille de faire un malheur…- C’es tu toé qui tirait du 12 la semaine passé dans le bois?- Non, non, ça avait l’air de venir de l’aut’ bord d’la rivière…-Ah!

Toujours les mêmes questions, toujours des mêmes personnes. En fait personne ne croyait vraiment à cette histoire d’écureuil carnivore et sodomite. Les plus sceptiques avaient été se balader dans le bois pour en avoir le cœur net mais les coups de fusils tard dans la nuit leur enleva l’idée rapidement. Ti-Jean Fortin y avait cru voir des écureuils s’adonner aux plaisirs de la copulation mais ses notions de zoologie limitées ne lui permirent pas de faire la différence entre les sexes. Quoi qu’il en soit Vincent avait été le seul témoin oculaire des mœurs de Gros Gris. Difficile à faire avaler aux citoyens et de justifier cette haine envers un animal normalement sympathique et inoffensif.

Le calme était revenu après quelques semaines de confrontations plus ou moins directes. L’écureuil aimait narguer à distance son souffre douleur et quand il n’était pas perché sur l’arbre en face du chalet, il faisait des allers retours sur la corde à linge, faisant tomber des chaussettes à l’occasion en mordant les épingles à linge. Vincent en profitait pour mettre sa patience à l’épreuve. Il ramassait en marmonnant les vêtements tombés pour ensuite les raccrocher ou les relaver au besoin.

La lessive prend une autre tournure lorsqu’elle est faite de façon rustique. Laver, frotter, savonner les taches et essorer à la main, tâche normalement ingrate et laborieuse devient petit plaisir lorsque pratiqué à l’extérieur au soleil avec une petite bière fraîche à portée de main. Bien que novembre s’annonçait particulièrement frais cette année, les après midi étaient souvent plus chauds au coeur de la forêt. Il fallait en profiter car les jours de décembre ne se prêtent plus pour ce genre de corvée. Une fois terminé il étendit ses draps, rangea ses effets et partit pour une ballade dans le village.

Baie-St-Paul en novembre est tout à fait le contraire de ce qu’il est en été. Entre les nombreux touristes qui assaillent ses rues colorées et les nombreux commerçants qui y bourdonnent en été, le village devient désert à la rentrée. Il est plus agréable d’y vivre hors saison malgré que la manne estivale, vitale à l’économie apporte un vent de renouveau à chaque année. Jolies filles en robe soleil, américains en Ferrari, couples motards du dimanche habillé de la même manière sur d’énormes et rutilantes motos, artistes peintres de tout acabit, tous coexistent avec le même but; absorber le plus de souvenirs visuels de cette magnifique région. Toutefois avec l’automne revient ce côté paisible et bucolique, typique de la majorité des villages québécois.

Le mot paisible ne s’appliquait pas aux alentours du chalet. Gros Gris semait la terreur et ses cris stridents devenaient de plus en plus agressants au fur et à mesure que l’hiver approchait. De retour au chalet après quelques bières, Vincent aperçu le rongeur perché sur la corde à linge. Gros Gris était occupé à ronger les épingles et avait réussi à faire tomber un drap au sol. Vincent courut vers le chalet, y entra et sorti avec son fusil. Le coup de feu rompit la corde et les draps allèrent s’étendre sur le sol vaseux. Un fois de plus Gros Gris s’en tira de justesse et disparut dans la forêt…

J’aimerais vous donner une fin plausible à cette histoire, un épilogue ou une conclusion qui pourrait fermer la boucle mais malheureusement c’est impossible.La légende de Gros Gris est une histoire sans fin. Jamais écrite auparavant, elle est relatée souvent au bord d’un feu, près du même chalet, dans le même petit bois. Toutefois cette histoire est tirée de faits vécus. Il y eut un écureuil fouteur de merde dans la forêt du village de Baie-St-Paul il y a de cela une dizaine d’années. Cette légende je la dois à un très formidable bonimenteur qui a su au fil des ans nous faire rire de nombreuses fois avec de telles histoires.

Merci Vincent, mon frère…

Le lièvre vagit, le lapin clapit et l’écureuil se pogne le beigne….

(Citation célèbre et méconnue à la fois)