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Archive pour janvier 2009

Les montres…

27 janvier 2009 figaro 7 commentaires

Je me rappelle avoir reçu ma première montre à l’âge de 6 ans. C’était en 1975. Nous étions, ma tante, mon frère et moi arrêtés pour dîner au Madrid, étrange restaurant sur le bord de l’autoroute 20 tout près de Drummondville. Je me rappelle vaguement de murs décorés à l’espagnole avec des armures suspendues et des hallebardes croisées. Ma tante m’a offert une Timex à aiguille un peu arrondie. Elle était légèrement abîmée et de toute évidence avait appartenue à quelqu’un d’autre avant moi. Son bracelet était de tissu ligné bleu rouge et vert.

 

Comme j’étais content. Un objet d’adulte à six ans. Elle me la mit au poignet et m’expliqua son fonctionnement en attendant la commande. Ne me demandez pas ce que j’ai mangé pour dîner, je ne m’en rappelle pas. Je me rappelle cependant du bonheur d’avoir enfin ma propre montre. Mon frère en avait certainement déjà une mais je ne me rappelle plus ce détail.

 

Toujours est-il que la montre est rapidement devenue pour moi, un objet indispensable.

 

Elle n’a pas duré longtemps la petite Timex. J’étais assez brise-fer et ça aurait tenu du miracle qu’elle résiste à ma curiosité d’enfant. J’avais la mauvaise habitude « d’ouvrir » tout ce qui contenait un mécanisme quelconque pour analyser son fonctionnement. Cependant, « ouvrir » était souvent synonyme de placer un objet entre deux cailloux ou de me servir d’un couteau à huître ou de simplement balancer l’objet en question contre un arbre ou une pierre. Que voulez-vous, j’étais un enfant curieux et hyperactif…

 

Ma deuxième montre fut une Texas Instruments à cadran numérique. Je la reçus en 1980 je crois, mes parents ayant attendu un peu avant de m’en offrir une autre pour d’évidentes raisons. Les chiffres rouges sur fond noir apparaissaient comme par magie en appuyant un petit bouton sur le côté du boîtier. La montre pesait au moins 10 kilos mais j’étais fier de la porter. Le père de Serge qui était capitaine dans la marine marchande l’avait rapportée des États-Unis. Il s’agissait  donc d’une rareté et les enfants venaient me demander l’heure en se pressant autour de moi poussant une exclamation d’émerveillement quand les chiffres rouges apparaissaient. Je leur parlais de quartz comme un extra-terrestre s’adressant à un groupe docile d’hommes du Neandertal.

 

Cette montre magnifique fut aussi victime de mes instincts scientifiques.

 

Ensuite vint la montre au quartz avec carillon (1983). Quel bonheur de se faire réveiller au son de la mélodie « Oh when the Saints » et d’une simple pression du doigt, arrêter la mélodie pour constater que nous sommes samedi et qu’à Paris il est six heures de plus. Une jolie Timex encore une fois. Mais, comment fonctionne ce carillon???

 

 

Au cimetière des montres, il y a un mausolée remplis de toutes celles qui ont eu le malheur de décorer un jour mon poignet. Heureusement, aujourd’hui ma curiosité est moindre, ayant compris certaines notions de base en mécanique et en électronique. Toutefois, je suis toujours fasciné par cet objet et par le temps en général. Je suis devenu un inconditionnel de Seiko mais ça c’est une autre histoire.

 

Aujourd’hui, quand je passe devant une boutique de ces magnifiques objets, je me trouve toujours du temps pour aller en perdre un peu…

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Janvier…

20 janvier 2009 figaro 5 commentaires

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Catégories:Photos

Les chaussures…

13 janvier 2009 figaro 9 commentaires

L’autre jour, j’attendais l’autobus au coin de Rosemont et de Chabot quand un sexagénaire tout maigre et tout sale portant un drôle de chapeau tout déformé et retenu par un foulard rouge s’est approché de moi. Il a posé ses mains sur mes joues, m’a souri sans malice, sans dire quoi que ce soit et a continué son chemin. J’étais tellement surpris que je n’ai pas bougé. Mon alerte danger/menace n’a pas retentie.

 

Juste une surprise très étrange.

 

Je ne me suis pas demandé s’il avait les mains propres, question que je me serais normalement posé en une nanoseconde avant même que ses paumes touchent mes joues. Ou même pourquoi il a fait ça. En le suivant des yeux, je l’ai vu tenter la même manœuvre avec les trois personnes qu’il a croisé. Tous ont eu un mouvement de recul une réaction agressive. Tous ont eu probablement peur. Pas moi, trop surpris…

 

Ce même bonhomme est repassé devant moi hier. Il n’avait pas son chapeau et ses cheveux blancs étaient coiffés. Moins affectueux, il s’est contenté de me sourire en me saluant comme un gentilhomme du XVIIIème siècle. J’ai fait de même en m’inclinant un peu et en lui renvoyant mon plus honnête sourire. Il a continué son chemin et a salué tous les gens qu’il a croisés. J’ai remarqué qu’il portait des chaussures trempées et pleines de trous. Il faisait -15 degrés Celsius. Sa misère ne l’empêchait pas de sourire… Désinstitutionnalisé ou pas, ce bonhomme m’a fait chaud au cœur.

 

Qui a-t-il de si étrange dans sa manière d’interagir avec autrui? Prendre le visage d’un inconnu dans ses mains est un peu excessif j’en conviens mais pourquoi ne pas saluer amicalement tous le monde? Pourquoi sommes-nous toujours constamment en mode défensif et que nous refusons de sourire aux autres?

 

On souri à ceux qu’on aime, à ceux qu’on connaît. Occasionnellement, on sourit à des gens que l’on croise ou qui nous offrent un service : au supermarché, à la jolie caissière, au vieux monsieur qui lui vous salue chaque matin et vous offre un journal gratuit en entrant dans le métro. On sourit dans le vide en regardant quelque chose de rigolo ou d’attendrissant. Pourquoi ne pas sourire à tous?  Pourquoi ne pas communiquer de façon plus humaine? Pourquoi ne pas se faire un devoir d’être souriant avec ceux qui normalement ne nous en donne pas envie? Pourquoi ne pas se fixer comme objectif de sourire à une personne nouvelle au hasard par jour?

 

Le civisme, la courtoisie et la galanterie (à la limite) ne semblent plus faire parti de la vie urbaine en 2009…

 

Changeons tout ça voulez-vous?

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