La légende de Gros Gris – chapitre V et fin

Chapitre V – la lessive

Vincent adorait se promener sur la rue St-Jean-Baptiste, artère principale de ce petit coin de paradis. Ses ballades le portait souvent jusqu’au quai, ou les habitants se regroupaient souvent pour se mettre à jour sur les potins et ragots.

– Alors, l’hostie d’écureuil, t’as-tu réussi à t’en débarrasser – Parle moi z’en pas. Ch’uis à veille de faire un malheur…– C’es tu toé qui tirait du 12 la semaine passé dans le bois?– Non, non, ça avait l’air de venir de l’aut’ bord d’la rivière…-Ah!

Toujours les mêmes questions, toujours des mêmes personnes. En fait personne ne croyait vraiment à cette histoire d’écureuil carnivore et sodomite. Les plus sceptiques avaient été se balader dans le bois pour en avoir le cœur net mais les coups de fusils tard dans la nuit leur enleva l’idée rapidement. Ti-Jean Fortin y avait cru voir des écureuils s’adonner aux plaisirs de la copulation mais ses notions de zoologie limitées ne lui permirent pas de faire la différence entre les sexes. Quoi qu’il en soit Vincent avait été le seul témoin oculaire des mœurs de Gros Gris. Difficile à faire avaler aux citoyens et de justifier cette haine envers un animal normalement sympathique et inoffensif.

Le calme était revenu après quelques semaines de confrontations plus ou moins directes. L’écureuil aimait narguer à distance son souffre douleur et quand il n’était pas perché sur l’arbre en face du chalet, il faisait des allers retours sur la corde à linge, faisant tomber des chaussettes à l’occasion en mordant les épingles à linge. Vincent en profitait pour mettre sa patience à l’épreuve. Il ramassait en marmonnant les vêtements tombés pour ensuite les raccrocher ou les relaver au besoin.

La lessive prend une autre tournure lorsqu’elle est faite de façon rustique. Laver, frotter, savonner les taches et essorer à la main, tâche normalement ingrate et laborieuse devient petit plaisir lorsque pratiqué à l’extérieur au soleil avec une petite bière fraîche à portée de main. Bien que novembre s’annonçait particulièrement frais cette année, les après midi étaient souvent plus chauds au coeur de la forêt. Il fallait en profiter car les jours de décembre ne se prêtent plus pour ce genre de corvée. Une fois terminé il étendit ses draps, rangea ses effets et partit pour une ballade dans le village.

Baie-St-Paul en novembre est tout à fait le contraire de ce qu’il est en été. Entre les nombreux touristes qui assaillent ses rues colorées et les nombreux commerçants qui y bourdonnent en été, le village devient désert à la rentrée. Il est plus agréable d’y vivre hors saison malgré que la manne estivale, vitale à l’économie apporte un vent de renouveau à chaque année. Jolies filles en robe soleil, américains en Ferrari, couples motards du dimanche habillé de la même manière sur d’énormes et rutilantes motos, artistes peintres de tout acabit, tous coexistent avec le même but; absorber le plus de souvenirs visuels de cette magnifique région. Toutefois avec l’automne revient ce côté paisible et bucolique, typique de la majorité des villages québécois.

Le mot paisible ne s’appliquait pas aux alentours du chalet. Gros Gris semait la terreur et ses cris stridents devenaient de plus en plus agressants au fur et à mesure que l’hiver approchait. De retour au chalet après quelques bières, Vincent aperçu le rongeur perché sur la corde à linge. Gros Gris était occupé à ronger les épingles et avait réussi à faire tomber un drap au sol. Vincent courut vers le chalet, y entra et sorti avec son fusil. Le coup de feu rompit la corde et les draps allèrent s’étendre sur le sol vaseux. Un fois de plus Gros Gris s’en tira de justesse et disparut dans la forêt…

J’aimerais vous donner une fin plausible à cette histoire, un épilogue ou une conclusion qui pourrait fermer la boucle mais malheureusement c’est impossible.La légende de Gros Gris est une histoire sans fin. Jamais écrite auparavant, elle est relatée souvent au bord d’un feu, près du même chalet, dans le même petit bois. Toutefois cette histoire est tirée de faits vécus. Il y eut un écureuil fouteur de merde dans la forêt du village de Baie-St-Paul il y a de cela une dizaine d’années. Cette légende je la dois à un très formidable bonimenteur qui a su au fil des ans nous faire rire de nombreuses fois avec de telles histoires.

Merci Vincent, mon frère…

Le lièvre vagit, le lapin clapit et l’écureuil se pogne le beigne….

(Citation célèbre et méconnue à la fois)

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18 réflexions sur “La légende de Gros Gris – chapitre V et fin

  1. il va falloir que tu me décriptes la toute petite phrase en itallique tout en bas du texte.
    Alors comme ça c’est ton frère, le sage, qui transmet son savoir ;o)

  2. Goubli, la petite phrase est une citation d’un de mes confrères après avoir passé quelques heures à chercher le cri de l’écureuil, apparemment qu’il n’a pas de nom de cri particulier. Alors l’expression « se pogner le beigne » signifie qu’il ne fout rien. Se pogner le beigne s’applique de plusieurs manière mais en général ça s’applique aux paresseux! 🙂

    Comme ça nos amours ont fait la bringue un peu tard?.. Mmmm, pauvre toi, au moins ma chérie aura trois jours pour dégriser avant qu’elle ne revienne à la maison…. 🙂 La prochaine fois c’est nous qui iront faire la fête toute la nuit, pouêt!

  3. Pourrais-je me joindre à vous ?

    > Goubli 6h30 ! ben dis-donc, j’ai bien fait de rester chez moi (en plus j’ai un début de crève)

    Mon 1er comm ici, salut Figaro !

  4. Goubli: sors le gros rouge!
    Jean-Michel: Salut, bienvenue sur mon blog. Mais,… c’est M. Ucciani?!.. Un récipiendaire du Nichon d’Or sur mon blog Yéééé!!! 🙂

  5. Hé merci … Moi aussi j’ai plein d’écureuils autour de moi mais pas de gros-gris, plutôt des petits rouquins frenchies… et je ne connais pas leur mœurs même si je les vois souvent se courir après…

  6. Jean-Michel: IL vaut mieux éviter de les étudier de trop près, cela risque de fausser l’impression qu’on a de ces soit-disant petits animaux mignons et sympatiques 🙂

  7. Goubli: J’ai eu Eva au téléphone. Elle trouve ton homme pas mal mignon!!!!! Parle à Pascal et moi je vais m’assurer d’enfermer Eva à son retour 🙂

  8. Hahaha : ben oui, elle a pas arrêté de lui tripoter les biceps toute la soirée, t’inquiète, on se vengera, par contre j’aime pas le rouge qui tâche, on ouvrira des bonnes bouteilles!!
    Jean-Michel : je crois en effet que si tu y étais allé, avec ton rhume tu serais HS, vu l’état de DoubleP, ils se sont arrêtés de picoler à 6h29 (AM) ;o)

    On se fera une réunion des laissés pour compte!

  9. Ouf ! C’est plus d’mon âge ! Enfin j’dis ça mais une fois lancé… va pour la réu des LPC
    Fig, ça te gêne pas qu’on discute de tout ça ici ?

  10. Jean-Michel: pas du tout, j’assume l’éthylisme de ma chère et tendre. (hé,hé!)
    Goubli: C’est vrai que côté biceps elle n’est pas très gâtée avec moi (snif!) … En contre partie il y a un élément de mon anatomie qui par son volume peut en rendre plusieurs jaloux… (c’est mon nez! kessé tu croyais!)

  11. Eh c’est ici le forum des LPC?

    Figaro : J’ai tout de suite pensé à ton nez évidement, je ne me permettrais pas d’imaginer autre chose!

    J-M : ça y est il a fini de parler (PP), je crois qu’il va dessiner tout ça maintenant ;o)

  12. Heu, excusez moi, je ne suivais plus… Pascal, lorsque tu auras repris tes esprits, tu pourrais en effet nous dessiner quelque chose à ce sujet! Et JM aussi et on fera un coucours ou on fera tirer un nichon en or…. (Oh, ok, c’est du déjà vu…. eh merde….)

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