Les navires…

Deux villes portuaires voisines, avaient construit une rade commune dans laquelle ils décidèrent de construire plusieurs navires. Les fonds furent débloqués et un chantier maritime fut mis en œuvre. Trois magnifiques voiliers furent bâtis dans les trois premières années de son existence.

 Le premier, un trois mâts carré tout en chêne, fut envoyé à la mer à la fin août de la première année. Le deuxième, une corvette armée de 10 canons, fut baptisé au début janvier de la deuxième année. Le troisième, un trois mâts goélette, d’apparence frêle mais fougueux et avide d’aventure, fut baptisé le 1er de juillet de la troisième année. Ces trois navires étaient la fierté de ces villes qui s’étaient unies dans ce projet grandiose que de prolonger leurs bras aux confins de la mer. 

La paix ne dura pas. Un conflit éclata entre les deux villes et la rade devint le premier objet de discorde. On décida alors de l’abandonner, des murs furent construits et les habitants ne se côtoyèrent jamais plus. 

Le trois mâts carré, appelé Le Victorieux, quitta la rade avec son équipage pour ne jamais plus y revenir. L’appel du large était trop fort et l’équipage n’avait pas voulu prendre part au conflit même s’il était composé de matelots issus des deux villes. La corvette, nommée La Joyeuse était partie déjà depuis un moment en quête d’exploits guerriers, avide de prendre part à la Grande Guerre qui perdurait de l’autre côté de l’océan. Le troisième, appelé Le Franc, hésitait à quitter mais savait que le conflit ne se réglerait jamais. Il décida alors de partir pour la guerre afin de servir comme il le pouvait. 

La mer avait la propriété magique de dissiper les tracas. L’horizon à 360 degrés, aidait à relativiser les incongruités de la vie. Le Franc navigua sans relâche pendant dix ans, jusqu’au jour où il était temps de rentrer au port. 

Il ne restait plus qu’une seule ville, la deuxième avait été abandonnée par ses premiers habitants, et était en train d’être reconstruite par un peuple venu de la mer, qui remit rapidement la rade et le chantier en état. La paix était revenue et les deux villes avaient unis leurs efforts pour construire une petite goélette à hunier qu’ils baptisèrent La Marguerite, et qui fut le symbole de la reconstruction du port. 

Bien des années se sont écoulées depuis. Les navires ont pris de l’âge, les équipages ont vieilli, la mer n’est plus aussi paisible qu’à l’époque. Toutefois,  il est bon de savoir que peu importe ce que la vie nous réserve, notre port d’origine est toujours là pour nous accueillir…

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10 réflexions sur “Les navires…

  1. Je n’ai pas encore pris mon cours de rotin et ils ont retiré cette option à L’UQAM en 2006. Fait-que: désolée pour le saxo 😦

    Un sifflet en peau de chèvre ferait ton affaire ?

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