Psychologie de cuisine…

J’ai eu droit à un amour maternel purement inconditionnel. Je crois avoir posé les pieds sur le sol pour la première fois aux alentours de mes cinq ans. Le peu de pilosité sur mes joues est la conséquence directe de la faramineuse quantité de ses doux baisers reçus lors de mon enfance.

 

Elle a toujours été là pour nous. Elle l’est toujours d’ailleurs. Elle nous accueille toujours avec pur bonheur et nous gâte par ses petites attentions et ses bons petits plats.

 

Récemment, quelqu’un de cher à mes yeux a porté à mon attention le fait suivant : Les plats avec lesquels nous sommes reçus ont tous une similitude à première vue aussi étrange que farfelue : ils sont tous constitués de boulettes. Spaghettis boulettes de viande, ragoût de boulettes, tous ces plats portent la même signature sphérique. Vous allez sans doute me dire qu’il s’agit là de deux repas isolés et donc d’une simple coïncidence? Sûrement pas. Surtout qu’on a eu droit à deux fois du spaghetti dans une assez courte période de temps.

 

Voyons-donc, pourquoi nous offrir un poulet à la King, ou un rôti de veau sauce aux champignons alors que les boulettes sont par elles même une éloquente façon de dire qu’on nous aime?

 

La boulette est un concentré d’herbes aromatiques, de légumes finement hachés et de viande. Il faut la pétrir et lui donner la forme voulue tout en équilibrant bien les ingrédients afin de leur donner la saveur recherchée dans toute sa subtilité. Un peu trop de clou de girofle et ça devient rapidement un cauchemar! On parle donc ici de recherche, de préparation, de travail supplémentaire et d’attention particulière. Et ces boulettes sont présentées dans une sauce aussi divine que peut l’être l’œuvre de Bach pour une oreille avertie.

 

Et en quoi ces boulettes sont elles la verve même de l’amour?

 

Elles sont tout simplement la métaphore du cheminement d’un être, poussé comme un frêle esquif par le vent maternel sur l’océan de l’enfance.

 

Tous les sacrifices, le travail, le miasme des couches pleines, les nuits blanches à soigner une fièvre ou à apporter un verre d’eau à un enfant qui a plus peur de la noirceur de sa chambre qu’il est sur le point de se déshydrater, toute cette énergie concentrée sur un être, sur un point, tout cet amour concentré en une… boulette.

 

Donc, lorsque l’on s’assied à table, le souvenir d’une enfance magique nous revient sous la forme de ces petites sphères délicieuses… Une façon subtile pour nous dire que nous sommes toujours le centre de son univers et qu’elle est toujours là pour nous…

 

(Si vous vous questionnez sur le fondement et la pertinence de ce texte, prière de relire le titre de ce blog)

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8 réflexions sur “Psychologie de cuisine…

  1. WOW j’en ai les larmes aux yeux cet eloge des boulettes a maman est tellement pres de mon emotif. c’est fou comment je n’avais jamais considéré la marque d’affection présente dans leur fabrication.

  2. TIne: Héhé, je me suis bien amusé en créant cette métaphore… C’est vrai qu’elle cuisine bien maman… 🙂 xxx

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