Le désert…

Le parc est de toute beauté.

Grâce à la pluie abondante des derniers jours, il a retrouvé sa superbe.  Quel plaisir que de traverser cet oasis de verdure matin et soir.  Parfois j’éteins ma musique pour écouter les sons de la nature, qui se mélangent avec ceux de la rue.  Du centre du parc, on ne perçoit qu’une faible plainte synthétique, noyée par le bruit du vent dans les ramures et des nombreux oiseaux.

Je regarde toujours où je mets les pieds.  Phobie de la crotte de chien ou inconsciente habitude, je l’ignore. Je suis tel un enfant du Laos marchant sur un sol engraissé de mines antipersonnel.  On évite souvent des catastrophes en regardant où l’on va.

Aujourd’hui, j’ai aperçu un lombric essayant tant bien que mal de traverser un sentier sec et rocailleux.  Périlleuse aventure me suis-je dis.  Il était à moitié couvert de petits cailloux et peinait à gagner l’autre côté du sentier. C’était la mort par déshydratation assurée.

J’allais continuer mon chemin quand ma mère est apparue en format Barbie sur mon épaule.  Grande fut ma surprise!  Elle me regarda d’un air piteux et me demanda de venir en aide à la pauvre bête.  Ma chère maman aime les animaux.  Du plus grand des carnassiers au plus petit zooplancton, il ne semble pas y avoir de différence à ses yeux.  Un animal est faible et a besoin qu’on l’aide dans la mesure du possible…

En cherchant à me raisonner, je me suis posé une foule de question:  Est-ce que la copine du ver a déménagé de l’autre côté du parc à la dernière pluie? Est-ce que le ver croit que l’herbe est plus verte de l’autre côté? Est-ce que le ver a des tendances suicidaires? Est-ce qu’il est télécommandé? Peu importe, je devais porter assistance à la petite bête avant que le soleil en fasse du bacon à fourmi ou qu’un merle vienne s’acharner dessus.

Je me suis alors penché, je l’ai pris délicatement et je l’ai déposé du côté du sentier vers lequel il semblait se diriger.  Je fis au préalable, une recherche rapide sur Google grâce à mon blackberry et m’aperçus qu’en fait, le plus gros bout semble être l’avant.  Imaginez la tête du ver lorsqu’il a vu une main géante s’approcher de lui, le prendre et le déposer gentiment dans l’herbe mouillée.  Imaginez aussi la tête du cycliste se reposant sur un banc et qui a vu toute la scène…

Toujours est-il que ma mère m’a félicité puis est disparue (pouf!).  J’ai continué mon chemin comme si de rien n’était mais avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose.

Je me suis dit qu’un jour, alors que je serai dans une situation précaire, peut-être qu’une main géante viendra aussi à mon secours?

Qui sait.

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3 réflexions sur “Le désert…

  1. En effet, qui sait. J’espère que tu n’auras jamais à le savoir ! Si tu ne connais pas la fable du poussin, de la bouse de vache et du loup, fais juste attention à la main géante qui te viendras en aide…

  2. Tu la trouveras dans « le bon, la brute et le truand », enfin, je crois, en tout cas, c’était dans un film de western…

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