balles

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Juste de même…

Quelle chance de pouvoir aller travailler à pied! Chaque matin, comme un hobbit quittant le confort de son foyer, je traverse un grand parc pour me diriger vers mon propre Mordor : le centre ville.

Le parc regorge d’immenses arbres centenaires. Chaque fois je suis stupéfié par la majesté de ces peupliers et ces chênes qui se perdent dans le ciel. Et que dire de la faune de cet ilôt de verdure : des chiens promenant leurs propriétaires encore endormis, des écureuils gris, blancs et noirs, des canards, etc. Mais aussi des cyclistes bravant la fraîcheur matinale et passants en flèche la tête bien rentrée dans leurs écharpes, des itinérants endormis un peu partout et d’autre hobbits comme moi qui transitent dans la même direction.

Bien entendu, le tout agrémenté par une trame sonore variée passant du jazz fusion au rock progressif en passant par quelques incontournables du kitsh tels que James Last et son orchestre ou Roger Whittaker (oui, oui!)

La transition entre le parc et la ville ne se fait pas sans heurt. Au détour d’un sentier apparaît la rue Sherbrooke, artère bruyante et sale mais parsemées de magnifiques demeures aussi bigarrées les unes que les autres. La circulation dense et malodorante ressemble à un remous métallique filant vers le cœur de la cité. Et moi je longe cette rivière minérale vers mon modeste bureau sans fenêtre. Certaines rues me rappellent New York ou Chicago. Des immeubles « art déco » collés les uns sur les autres, des taxis, des fumeurs sur le trottoir, des livreurs bloquant les trottoirs, tous se côtoyent dans un brouhaha incessant.

Parfois, sur le chemin du retour, je m’arrète devant le pavillon de musique de l’université et je prête l’oreille aux quelques notes qui s’échappent des fenêtres qui sont encore ouvertes. Souvent de la cacophonie mais parfois une petite mélodie accrocheuse jouée à répétition. Les notes émanant des cuivres se retrouvent souvent plus loin et je peux les emporter avec moi sur quelques pâtés de maison. J’aime regarder les voitures passer et m’imaginer au volant de certains bolides qui me dépassent. Il y a des gens friqués à Montréal, de toute évidence. Friqués ou endettés.

Lorsque je reviens au parc, j’entre dans une zone oxygènée et calme. Avec le bruit de la rue qui s’estompe, je ralentis la cadence, j’arrête ma musique ou je diminue le volume, tout dépendamment de ce qu’il joue et je respire à fond l’odeur de la forêt. Je suis de nouveau chez moi. Je suis bien. C’est comme ça chaque jour tant que la météo veut collaborer. Ça m’a fait du bien de vous en parler.

Sur une note moins joyeuse, il y a toujours des trous du cul pour vous rendre la vie misérable : Ce weekend petite visite au chalet. Que trouvais-je en arrivant? Une porte ouverte et un chalet sans dessus dessous… Un autre voyage à la quincaillerie…